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Déclaration de Monsieur Fathallah OUALALOU, Ministre de l'Economie et des Finances, Maroc

Washington, 28 Avril 1999

 

La dernière réunion de notre Comité tenue le 5 octobre 1998 a été l’occasion pour évaluer les conséquences, et tirer les enseignements qui s’imposent de la crise financière qui s’est déclenchée 15 mois auparavant en Asie du Sud Est.

La réflexion s’est poursuivie, depuis, au sein de divers forums et instances régionaux et multilatéraux en vue d’identifier les voies et moyens les plus appropriés pour juguler la crise actuelle et empêcher l’apparition de nouvelles crises de la même nature.

A cet effet, des avancées ont été certes enregistrées au niveau de la réflexion, et des initiatives ont été proposées pour contribuer à rétablir la stabilité de l’économie mondiale sur la base d’une plus grande solidarité internationale, prenant appui sur les principes d’une gestion saine à tous les niveaux et visant en définitive une croissance durable et une réduction irréversible de la pauvreté.

Cette orientation est à mon sens incontournable compte tenu de la globalisation des marchés, de l’interdépendance accrue des économies et de l’interpénétration des sphères réelle et financière.

La réussite de cette orientation suppose cependant un engagement solidaire et stratégique au niveau international impliquant les autorités publiques, les instances multilatérales et les opérateurs privés.

En effet, même si les craintes d’une profonde récession généralisée sont aujourd’hui atténuées, la crise n’est pas complètement jugulée et ses effets négatifs sur la plupart des pays émergents et l’économie internationale mettront certainement encore longtemps avant d’être totalement résorbés.

L’élargissement de la pauvreté parmi les couches sociales les plus vulnérables ainsi que l’accroissement du chômage dans un certain nombre de pays touchés sont autant de facteurs qui doivent aujourd’hui, et plus que jamais, nous inciter à recentrer nos politiques et stratégies sur Homme et sur le développement social.

Plus qu’un choix ce recentrage devient aujourd’hui une nécessité pour deux raisons essentielles. La première est que la croissance, aussi forte soit-elle, ne peut être réellement durable que lorsque ses fruits sont bien repartis et qu’elle contribue à l’amélioration du bien être collectif et à la lutte contre la précarité et les sources de vulnérabilité. Cela est par ailleurs indispensable pour accroître la capacité des pays à amortir les chocs exogènes, y compris ceux résultant d’une contagion, dont aucun pays au monde n’est vraiment à l’abri. La deuxième raison est que l’équilibre macro-économique ne doit pas être une fin en soi, mais un moyen pour renforcer le développement social et l’amélioration du bien être humain.

Ces principes doivent guider l’action aussi bien des gouvernements que des institutions financières multilatérales et des autres bailleurs de fonds, dans le cadre d’un partenariat stratégique, au-delà des actions ponctuelles et des programmes spécifiques.

A cet égard, l’initiative prise par la Banque Mondiale consistant à mettre en place un nouveau cadre de coopération avec les pays utilisateurs de ses ressources dit "cadre de développement intégré" (CDI) mérite d’être encouragée. Cela dans la mesure où ledit cadre prendrait appui, de façon simultanée, sur les dimensions macro-économiques, sociales, structurelles et humaines.

Ce cadre n’est pas encore complètement arrêté mais je voudrais pour ma part énoncer trois principes fondamentaux qui doivent constituer le soubassement du CDI et en assurer le succès souhaité. Je citerai en premier lieu le fait que le CDI devrait s’insérer dans le cadre des priorités et programmes du pays concerné pour accroître les chances de son exécution et de son impact. Le second principe consiste dans la nécessité de prévoir un minimum de souplesse au dit cadre et de le doter de la flexibilité et de l’adaptabilité requises, prenant ainsi en considération la diversité des situations et des niveaux de développement des pays d’opération. Le troisième principe enfin consiste dans la nécessité de mobiliser les financements nécessaires à la mise en œuvre du CDI à des conditions appropriées. Notre souhait à cet égard est que la Banque Mondiale puisse jouer un rôle important de catalyseur de ressources à des conditions concessionnelles dans le cadre du CDI.

Cela suppose bien entendu un élan important de solidarité internationale, nécessaire également, et pour les mêmes motifs, pour appuyer les pays sortant d’un conflit. Les propositions en cours d’examen à la Banque Mondiale visant à élargir le concept de pays sortant d’un conflit sont à encourager.

Sont également à encourager les récentes propositions visant à accroître la portée de l’allégement de la dette des pays pauvres très endettés, à assouplir les critères d’éligibilité et à raccourcir le délai requis pour faire bénéficier les pays éligibles de cette initiative.

Ces améliorations accroîtront certainement le coût de l’initiative. Par conséquent, là aussi, j’estime que le consensus sur la restructuration de l’initiative devra s’accompagner d’un élan comparable de solidarité internationale. Cela afin de rendre supportable et moins contraignant l’effort à consentir par les institutions financières multilatérales, notamment la Banque Africaine de Développement.

Je ne voudrais pas clore ce chapitre sans lancer un appel à la communauté internationale en faveur d’une réflexion sur les moyens d’alléger la dette des pays à revenu intermédiaire, en prenant en considération non seulement le niveau du PIB par habitant mais aussi des critères mettant en relief les besoins en matière de développement social.

Enfin, il est primordial que la structure et la viabilité financières de la BIRD soient sauvegardées, voire renforcées. Pour ce faire, la BIRD doit recentrer son activité sur sa mission principale, à savoir la promotion et le financement au moindre coût du développement durable.

Néanmoins, s’il s’avère indispensable de revoir l’adéquation du capital de la Banque pour lui permettre de faire convenablement face à sa mission, tout retard dans ce domaine ne devrait pas se traduire par un renchérissement des coûts pour les pays emprunteurs.

Washington, 28 Avril 1999

 

La dernière réunion de notre Comité tenue le 5 octobre 1998 a été l’occasion pour évaluer les conséquences, et tirer les enseignements qui s’imposent de la crise financière qui s’est déclenchée 15 mois auparavant en Asie du Sud Est.

La réflexion s’est poursuivie, depuis, au sein de divers forums et instances régionaux et multilatéraux en vue d’identifier les voies et moyens les plus appropriés pour juguler la crise actuelle et empêcher l’apparition de nouvelles crises de la même nature.

A cet effet, des avancées ont été certes enregistrées au niveau de la réflexion, et des initiatives ont été proposées pour contribuer à rétablir la stabilité de l’économie mondiale sur la base d’une plus grande solidarité internationale, prenant appui sur les principes d’une gestion saine à tous les niveaux et visant en définitive une croissance durable et une réduction irréversible de la pauvreté.

Cette orientation est à mon sens incontournable compte tenu de la globalisation des marchés, de l’interdépendance accrue des économies et de l’interpénétration des sphères réelle et financière.

La réussite de cette orientation suppose cependant un engagement solidaire et stratégique au niveau international impliquant les autorités publiques, les instances multilatérales et les opérateurs privés.

En effet, même si les craintes d’une profonde récession généralisée sont aujourd’hui atténuées, la crise n’est pas complètement jugulée et ses effets négatifs sur la plupart des pays émergents et l’économie internationale mettront certainement encore longtemps avant d’être totalement résorbés.

L’élargissement de la pauvreté parmi les couches sociales les plus vulnérables ainsi que l’accroissement du chômage dans un certain nombre de pays touchés sont autant de facteurs qui doivent aujourd’hui, et plus que jamais, nous inciter à recentrer nos politiques et stratégies sur Homme et sur le développement social.

Plus qu’un choix ce recentrage devient aujourd’hui une nécessité pour deux raisons essentielles. La première est que la croissance, aussi forte soit-elle, ne peut être réellement durable que lorsque ses fruits sont bien repartis et qu’elle contribue à l’amélioration du bien être collectif et à la lutte contre la précarité et les sources de vulnérabilité. Cela est par ailleurs indispensable pour accroître la capacité des pays à amortir les chocs exogènes, y compris ceux résultant d’une contagion, dont aucun pays au monde n’est vraiment à l’abri. La deuxième raison est que l’équilibre macro-économique ne doit pas être une fin en soi, mais un moyen pour renforcer le développement social et l’amélioration du bien être humain.

Ces principes doivent guider l’action aussi bien des gouvernements que des institutions financières multilatérales et des autres bailleurs de fonds, dans le cadre d’un partenariat stratégique, au-delà des actions ponctuelles et des programmes spécifiques.

A cet égard, l’initiative prise par la Banque Mondiale consistant à mettre en place un nouveau cadre de coopération avec les pays utilisateurs de ses ressources dit "cadre de développement intégré" (CDI) mérite d’être encouragée. Cela dans la mesure où ledit cadre prendrait appui, de façon simultanée, sur les dimensions macro-économiques, sociales, structurelles et humaines.

Ce cadre n’est pas encore complètement arrêté mais je voudrais pour ma part énoncer trois principes fondamentaux qui doivent constituer le soubassement du CDI et en assurer le succès souhaité. Je citerai en premier lieu le fait que le CDI devrait s’insérer dans le cadre des priorités et programmes du pays concerné pour accroître les chances de son exécution et de son impact. Le second principe consiste dans la nécessité de prévoir un minimum de souplesse au dit cadre et de le doter de la flexibilité et de l’adaptabilité requises, prenant ainsi en considération la diversité des situations et des niveaux de développement des pays d’opération. Le troisième principe enfin consiste dans la nécessité de mobiliser les financements nécessaires à la mise en œuvre du CDI à des conditions appropriées. Notre souhait à cet égard est que la Banque Mondiale puisse jouer un rôle important de catalyseur de ressources à des conditions concessionnelles dans le cadre du CDI.

Cela suppose bien entendu un élan important de solidarité internationale, nécessaire également, et pour les mêmes motifs, pour appuyer les pays sortant d’un conflit. Les propositions en cours d’examen à la Banque Mondiale visant à élargir le concept de pays sortant d’un conflit sont à encourager.

Sont également à encourager les récentes propositions visant à accroître la portée de l’allégement de la dette des pays pauvres très endettés, à assouplir les critères d’éligibilité et à raccourcir le délai requis pour faire bénéficier les pays éligibles de cette initiative.

Ces améliorations accroîtront certainement le coût de l’initiative. Par conséquent, là aussi, j’estime que le consensus sur la restructuration de l’initiative devra s’accompagner d’un élan comparable de solidarité internationale. Cela afin de rendre supportable et moins contraignant l’effort à consentir par les institutions financières multilatérales, notamment la Banque Africaine de Développement.

Je ne voudrais pas clore ce chapitre sans lancer un appel à la communauté internationale en faveur d’une réflexion sur les moyens d’alléger la dette des pays à revenu intermédiaire, en prenant en considération non seulement le niveau du PIB par habitant mais aussi des critères mettant en relief les besoins en matière de développement social.

Enfin, il est primordial que la structure et la viabilité financières de la BIRD soient sauvegardées, voire renforcées. Pour ce faire, la BIRD doit recentrer son activité sur sa mission principale, à savoir la promotion et le financement au moindre coût du développement durable.

Néanmoins, s’il s’avère indispensable de revoir l’adéquation du capital de la Banque pour lui permettre de faire convenablement face à sa mission, tout retard dans ce domaine ne devrait pas se traduire par un renchérissement des coûts pour les pays emprunteurs.

Washington, 28 Avril 1999

 

La dernière réunion de notre Comité tenue le 5 octobre 1998 a été l’occasion pour évaluer les conséquences, et tirer les enseignements qui s’imposent de la crise financière qui s’est déclenchée 15 mois auparavant en Asie du Sud Est.

La réflexion s’est poursuivie, depuis, au sein de divers forums et instances régionaux et multilatéraux en vue d’identifier les voies et moyens les plus appropriés pour juguler la crise actuelle et empêcher l’apparition de nouvelles crises de la même nature.

A cet effet, des avancées ont été certes enregistrées au niveau de la réflexion, et des initiatives ont été proposées pour contribuer à rétablir la stabilité de l’économie mondiale sur la base d’une plus grande solidarité internationale, prenant appui sur les principes d’une gestion saine à tous les niveaux et visant en définitive une croissance durable et une réduction irréversible de la pauvreté.

Cette orientation est à mon sens incontournable compte tenu de la globalisation des marchés, de l’interdépendance accrue des économies et de l’interpénétration des sphères réelle et financière.

La réussite de cette orientation suppose cependant un engagement solidaire et stratégique au niveau international impliquant les autorités publiques, les instances multilatérales et les opérateurs privés.

En effet, même si les craintes d’une profonde récession généralisée sont aujourd’hui atténuées, la crise n’est pas complètement jugulée et ses effets négatifs sur la plupart des pays émergents et l’économie internationale mettront certainement encore longtemps avant d’être totalement résorbés.

L’élargissement de la pauvreté parmi les couches sociales les plus vulnérables ainsi que l’accroissement du chômage dans un certain nombre de pays touchés sont autant de facteurs qui doivent aujourd’hui, et plus que jamais, nous inciter à recentrer nos politiques et stratégies sur Homme et sur le développement social.

Plus qu’un choix ce recentrage devient aujourd’hui une nécessité pour deux raisons essentielles. La première est que la croissance, aussi forte soit-elle, ne peut être réellement durable que lorsque ses fruits sont bien repartis et qu’elle contribue à l’amélioration du bien être collectif et à la lutte contre la précarité et les sources de vulnérabilité. Cela est par ailleurs indispensable pour accroître la capacité des pays à amortir les chocs exogènes, y compris ceux résultant d’une contagion, dont aucun pays au monde n’est vraiment à l’abri. La deuxième raison est que l’équilibre macro-économique ne doit pas être une fin en soi, mais un moyen pour renforcer le développement social et l’amélioration du bien être humain.

Ces principes doivent guider l’action aussi bien des gouvernements que des institutions financières multilatérales et des autres bailleurs de fonds, dans le cadre d’un partenariat stratégique, au-delà des actions ponctuelles et des programmes spécifiques.

A cet égard, l’initiative prise par la Banque Mondiale consistant à mettre en place un nouveau cadre de coopération avec les pays utilisateurs de ses ressources dit "cadre de développement intégré" (CDI) mérite d’être encouragée. Cela dans la mesure où ledit cadre prendrait appui, de façon simultanée, sur les dimensions macro-économiques, sociales, structurelles et humaines.

Ce cadre n’est pas encore complètement arrêté mais je voudrais pour ma part énoncer trois principes fondamentaux qui doivent constituer le soubassement du CDI et en assurer le succès souhaité. Je citerai en premier lieu le fait que le CDI devrait s’insérer dans le cadre des priorités et programmes du pays concerné pour accroître les chances de son exécution et de son impact. Le second principe consiste dans la nécessité de prévoir un minimum de souplesse au dit cadre et de le doter de la flexibilité et de l’adaptabilité requises, prenant ainsi en considération la diversité des situations et des niveaux de développement des pays d’opération. Le troisième principe enfin consiste dans la nécessité de mobiliser les financements nécessaires à la mise en œuvre du CDI à des conditions appropriées. Notre souhait à cet égard est que la Banque Mondiale puisse jouer un rôle important de catalyseur de ressources à des conditions concessionnelles dans le cadre du CDI.

Cela suppose bien entendu un élan important de solidarité internationale, nécessaire également, et pour les mêmes motifs, pour appuyer les pays sortant d’un conflit. Les propositions en cours d’examen à la Banque Mondiale visant à élargir le concept de pays sortant d’un conflit sont à encourager.

Sont également à encourager les récentes propositions visant à accroître la portée de l’allégement de la dette des pays pauvres très endettés, à assouplir les critères d’éligibilité et à raccourcir le délai requis pour faire bénéficier les pays éligibles de cette initiative.

Ces améliorations accroîtront certainement le coût de l’initiative. Par conséquent, là aussi, j’estime que le consensus sur la restructuration de l’initiative devra s’accompagner d’un élan comparable de solidarité internationale. Cela afin de rendre supportable et moins contraignant l’effort à consentir par les institutions financières multilatérales, notamment la Banque Africaine de Développement.

Je ne voudrais pas clore ce chapitre sans lancer un appel à la communauté internationale en faveur d’une réflexion sur les moyens d’alléger la dette des pays à revenu intermédiaire, en prenant en considération non seulement le niveau du PIB par habitant mais aussi des critères mettant en relief les besoins en matière de développement social.

Enfin, il est primordial que la structure et la viabilité financières de la BIRD soient sauvegardées, voire renforcées. Pour ce faire, la BIRD doit recentrer son activité sur sa mission principale, à savoir la promotion et le financement au moindre coût du développement durable.

Néanmoins, s’il s’avère indispensable de revoir l’adéquation du capital de la Banque pour lui permettre de faire convenablement face à sa mission, tout retard dans ce domaine ne devrait pas se traduire par un renchérissement des coûts pour les pays emprunteurs.



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